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ANTHOLOGIE BILINGUE DE LA POESIE ANGLAISE

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    Commentaire sur le livre ANTHOLOGIE BILINGUE DE LA POESIE ANGLAISE

    Contient notamment des oeuvres de Geoffrey Chaucer, Christopher Marlowe, William Shakespeare, John Donne, Ben Jonson, John Milton, Jonathan Swift, Thomas Gray, William Blake, Walter Scott, Coleridge, Byron, Shelley, John Keats, Elizabeth Barrett et Robert Browning, Emily Brontë, Coventry Patmore, George Meredith, Swinburne, Thomas Hardy, Hopkins, Oscar Wilde, Rudyard Kipling, W. B. Yeats, T. S. Eliot, W. H. Auden, Dylan Thomas, Ted Hughes et Seamus Heaney . Édition de Paul Bensimon, Bernard Brugière, François Piquet et Michel Remy, préface de Bernard Brugière.

    Caractéristiques du livre ANTHOLOGIE BILINGUE DE LA POESIE ANGLAISE

    • Auteur : Collectif
    • Date de parution : 20/10/2005
    • ISBN : 9782070113743
    • Editeur : Gallimard
    • Collection : BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉÏADE
    • Nombre de pages : 2008
    • Dimensions : 10X17 cm
    • Poids : 775 g
    • EAN : 9782070113743

    Revue de presse

    La poésie anglaise n'a jamais été tenue à un splendide isolement, et se nourrit depuis toujours d'apports étrangers. L'Empire est d'ailleurs moins prégnant que le continent. La France, l'Italie, la Grèce aimantent ou nourrissent nombre d'écrivains poètes, de Stevenson à Lawrence, de Byron à Swinburne. Pour le lecteur français, l'aura de la lyrique anglaise est unique. Une différence, tout d'abord, et considérable : face à la richesse de la poésie médiévale française, il n'y a guère chez nos voisins que Beowulf, épopée anonyme du VIIIe siècle. Sa langue mêle le welsh, l'anglais, des éléments dialectaux. Il faut attendre Chaucer, qui transporte outre-Manche les modèles italiens, non sans pruderie : les Contes de Canterbury évitent la salacité de Boccace. À l'évidence, la poésie anglaise se déploie à partir du XVIe siècle. Et plus tardivement que sur le continent. De nouveau, par le biais cette fois de la Pléiade française, l'influence italienne, le baroque s'imposent et marquent les «Elizabéthains» : Marlowe, Wyatt, introducteur du sonnet «à l'italienne», Spencer, Raleigh, Sydney, Herrick... Une période de poésie de cour, brillante, savante, «pastorale», dominée par les Sonnets de Shakespeare, confession étonnamment audacieuse qui n'est pas sans rappeler ceux de Michel Ange... L'embarras de choisir n'était pas dû qu'à l'abondance. Les traducteurs, tous passeurs de qualité, réunis par Bernard Brugière, sont bien conscients de la diffraction qu'inflige le passage d'une langue dans l'autre. L'anthologie a tenté une répartition aussi équitable que possible à partir de poèmes «traduisibles» en fonction d'affinités diverses. On appréciera la réussite de l'ensemble. Ce travail amoureux du verbe nous offre souvent de séduisantes, et convaincantes analogies par allitérations et rimes internes (chez Gray, chez Wyatt à titre d'exemples). Un ouvrage qui est de toute évidence ce dont nous avions besoin.

    Claude Michel Cluny - Le Figaro du 12 janvier 2006

    La Grande-Bretagne n'est pas seulement une fabrique de saucisses et de parapluies : elle possède également des spécialités inexportables telles que «les poètes de guerre», qui meurent généralement les premiers dans les tranchées, et le poète-lauréat, qui change chaque année. «Qu'est-ce qui arrive avec la poésie ?», s'interrogeait il y a peu le «Guardian», qui lui accorde régulièrement une vraie place... Comme toujours avec la Pléiade, l'appareil critique est un livre en soi. Sauf que là il est doublement au service du texte : le poème original et sa traduction. On gagne toujours à le soumettre à «l'épreuve de l'étranger». Cette lecture en stéréo est une manière de réapprendre l'anglais de l'excellence en un temps où l'anglais d'aéroport fait des ravages. Un poète doit sommeiller en tout traducteur de poésie pour rendre «unreal city» par «cité fantôme»... Le parti pris des éditeurs ne découragera certainement pas les chipoteurs de lacunes dans leur vaine recherche du poème oublié ou du poète négligé. Vaine, car l'anthologie n'est pas une science exacte, et la poésie moins encore, même si les notes en fin de volume sont d'une précision étourdissante. Des maniaques la liront peut-être comme un traité de métrique et de prosodie, et pourquoi pas ? On peut s'enchanter à distinguer avec précision le vers blanc du vers non rimé, à chercher l'héritage de l'hexamètre virgilien dans la pentamètre iambique, mais on peut aussi s'enivrer des «Sonnets» de Shakespeare «dont la polyphonie requiert du lecteur une vigilance proche de celle d'un musicien déchiffrant une partition» tout en négligeant l'intensité des accents et le déplacement des césures. La préface de Bernard Brugière en dit l'essentiel...

    Pierre Assouline - Le Nouvel Observateur du 9 février 2006

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