LA TABLE CITRON
- Auteur(s) : J. Barnes
- Éditeur : Mercure de France
- Collection : BIBLIOTHEQUE ETRANGERE
- Genre : ROMAN CONTEMPORAIN
- Présentation : Broché
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Caractéristiques du livre LA TABLE CITRON
- Auteur : J. Barnes
- Date de parution : 09/02/2006
- ISBN : 9782715225183
- Editeur : Mercure de France
- Collection : BIBLIOTHEQUE ETRANGERE
- Dimensions : 14X20 cm
- Poids : 305 g
- EAN : 9782715225183
Revue de presse
Pus anglais que les Bishop, tu meurs. Dorothy et Stanley, nés en 1920, ont grandi dans les Midlands, se sont rencontrés sur l'île de Wight et coulent des jours paisibles dans un village fleuri, à la frontière de l'Essex et du Suffolk. Chez les Bishop, qui ont deux enfants, on mange du porridge, on roule en Morris Minor, on aime le cricket et le snooker, on joue au Scrabble en buvant du thé, on prend soin du jardin sur lequel un filet a été tendu afin d'en interdire l'accès aux oiseaux, et papa fume la pipe. La mère dirige la maison d'une main de fer, façon That-cher. Son mari l'appelle d'ailleurs «le Gouvernement». Il y échappe pour aller faire, chaque mercredi, un billard au club de la British Legion. Une existence cosy, qui soudain s'écroule. Le fils Bishop raconte. Il apprend que ses parents, âgés de 80 ans, ont décidé de divorcer. Que sa mère frappait son père avec des objets contondants. Et que son père a une maîtresse de 65 ans, chez laquelle il veut s'installer. Du Barnes, pur malt. Un mélange alcoolisé d'élégance et de méchanceté. La tristesse flaubertienne en prime. «La Cage à fruits» est l'une des onze nouvelles qui composent cet âcre recueil d'amours manquées où la vieillesse trépigne et se moque des usages... Julian Barnes est un mélancolique gai, un pessimiste insolent. Même la mort, symbolisée en Chine par le citron, il la nargue... Nous, c'est au chaud qu'on savoure les nouvelles du brillantissime Julian Barnes. Elles aident à passer l'hiver.
Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 23 février 2006
Il y a un âge qui donne aux plus agnostiques des hommes la foi en une vie éternelle. A cet âge-là, regarder vers l'avenir est devenu aussi hasardeux que gravir les marches d'un escalier. Le «palpitant» ne palpite plus, et l'on se demande pourquoi sa femme s'est coupé les cheveux aussi courts que la pelouse. La vieillesse se pose des questions qui font sourire la jeunesse. Voilà pourquoi elle aime s'asseoir à la «table citron», où il est permis de parler d'un sujet tabou dans les maisons de retraite et les déjeuners de famille : la mort. Que le lecteur se rassure, les personnages des nouvelles de Julian Barnes ont beau dresser la liste des avantages du trépas et échafauder des plans pour la dispersion de leurs cendres, ils sont bien vivants. Et s'accrochent à l'existence avec ténacité et insolence... Chez Julian Barnes, l'impertinence et la dérision sont le revers d'une intense compassion pour ses personnages. Nostalgiques d'une vie qui aurait pu être merveilleuse «si seulement...»,...
Astrid Eliard - Le Figaro du 9 mars 2006

Commentaire sur le livre LA TABLE CITRON
Précisons d'emblée qu'il n'y a dans aucune des merveilleuses nouvelles qui composent ce livre de table avec un citron dessus, de table en bois de citronnier, ou de table peinte en jaune. Non. En Chine, nous apprend Julian Barnes, le citron symbolise la vieillesse, et la table citron est celle autour de laquelle on se réunit pour parler. Sinistre ? Pas du tout. Il y a du Tchekhov dans ce livre-là - la délicatesse, la tendresse, la retenue - et du Gogol - la dérision, le trait à l'emporte-pièce - plus l'humour inimitable de Julian Barnes. Onze merveilles, donc, ciselées, ourlées, entre lesquelles on aurait bien du mal à faire un choix. Il y a celle qui met en scène Tourgueniev vieillissant et la très jeune Maria Savina dont il est amoureux. Que s'est-il donc passé (l'anecdote est authentique) pendant le court voyage en train qu'ils ont fait ensemble ? Il y a l'histoire de l'officier à la retraite qui vient depuis vingt ans à Londres et qui en profite chaque fois pour rendre visite à la même prostituée. Mais un jour, il va devoir réaliser que le temps a passé. Et puis peut-être la plus émouvante - en même temps celle qui fait rire le lecteur - "La cage à fruits", où un fils découvre avec stupeur que ses parents âgés de 81 et 80 ans se séparent parce que son père a une maîtresse avec laquelle il emménage parce que sa femme le battait. Julian Barnes joue sur tous les registres, du plus cruel au plus tendre. On ne sort pas indemne de cette lecture.