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DANIELLE MITTERRAND

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Caractéristiques du livre DANIELLE MITTERRAND

  • Auteur : Françoise Xenakis
  • Date de parution : 19/09/2006
  • ISBN : 9782841147960
  • Editeur : Ramsay
  • Collection : RAMSAY DOCUMENT
  • Dimensions : 14X20 cm
  • Poids : 550 g
  • EAN : 9782841147960

Premières lignes du livre DANIELLE MITTERRAND

En guise de prologue Il y a longtemps déjà, je m'étais penchée avec tendresse sur la vie des femmes d'hommes célèbres car, au fil des textes consacrés à leurs grands époux, je m'étais aperçue que tous les biographes, je dis bien tous, avaient fait de la légitime une imbécile, une grincheuse, une jalouse, une miteuse, une bornée, une démoniaque qui perdait les épingles de son chignon dans la soupe, et j'en passe. Les maîtresses ? Elles s'en sortaient moins mal. Je m'étais alors acharnée à redonner un peu de rose aux joues de ces jeunes épouses malmenées, à dépoussiérer leur image, bref à leur «injecter» un peu de vie. En effet, pourquoi est-ce que les créateurs, mieux, les génies, épouseraient, comme l'Histoire avec un grand H le prétend invariablement, de misérables petites crottes ? Comment ? Une exception ? Vous avez raison : la première épouse de Einstein... On prétend même que le vrai Einstein, c'est elle, mais il l'a rejetée, niée très vite. Elle a fini ses jours femme de ménage, en s'occupant du moins mal qu'elle pouvait d'un fils schizophrène, né de son mariage avec le célébrissime physicien. J'avais alors écrit Zut, on a encore oublié Madame Freud, où je m'étais amusée à ressusciter certaines de ces dames. Pour être équitable, je m'étais penchée ensuite sur les époux des femmes célèbres. Le livre était beaucoup plus menu, c'était Chéri, tu viens pour la photo. Puis il y eut Mouche-toi Cléopâtre, l'histoire d'une jeune reine héroïque, prodigieuse, traînée dans les sables et les boues des historiens romains (un rien revisitée en mieux ces temps derniers...). Persuadée que j'en avais fini avec ce rôle de rebouteuse pour femmes malmenées par l'histoire, j'étais retournée à une autre écriture, décidée cette fois, l'âge venant, à m'attaquer au sale petit noeud bien emmêlé qui fait que je suis devenue écrivain, pour enfin pouvoir toucher du doigt cette sérénité après laquelle je cours depuis que j'ai des jambes, et ne plus chercher un Bic, un bout de papier, persuadée soudain que la phrase-clé est là, au bord de mes lèvres, et qu'il ne me reste plus qu'à l'écrire pour apaiser cette saleté d'angoisse qui me taraude.

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