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VOL ET BRIGANDAGE - Au Moyen Age

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    Commentaire sur le livre VOL ET BRIGANDAGE

    Crime de la lâcheté et du secret, le vol reste difficile à cerner. Il est la transgression d'un interdit, la négation de certaines valeurs, la violation d'un espace privé voire sacré. Différents travaux ont permis d'éclairer cette zone obscure de la criminalité au Moyen Age, d'où l'intérêt de cette étude précise sur les "voleurs et brigands", aspect de l'histoire politique et sociale, permettant de distinguer violents et criminels des délinquants occasionnels, de faire apparaître une zone floue entre brigandage et guerres qui, même éteintes, entretiennent une connivence ambiguë avec une violence criminalisée. "Si les conditions historiques favorisent l'émergence du vol, sa criminalisation témoigne d'enjeux judiciaires et politiques. La répression du vol apparaît alors comme un instrument de reconquête du pouvoir royal, un principe d'affirmation de souveraineté."

    Caractéristiques du livre VOL ET BRIGANDAGE

    • Auteur : Valerie Toureille
    • Date de parution : 04/10/2006
    • ISBN : 9782130539704
    • Editeur : PUF
    • Dimensions : 15X22 cm
    • Poids : 435 g
    • EAN : 9782130539704

    Premières lignes du livre VOL ET BRIGANDAGE

    Extrait de l'introduction : «Sans la justice que sont les royaumes, si ce n'est de vastes repaires de brigands ?» Saint Augustin, La Cité de Dieu. Depuis une vingtaine d'années, l'abondance et la qualité des travaux consacrés à la criminalité ont permis d'apporter un nouvel éclairage à l'histoire sociale, culturelle mais aussi politique du Moyen Age. Claude Gauvard, en particulier, a mis à nu les ressorts profonds de la violence médiévale et révélé sa dimension identitaire. Dans le prolongement de ces travaux, j'ai choisi de porter une attention particulière au vol, transgression à la fois spécifique et multiforme, omniprésente et méconnue. La légitimité d'une telle étude puise d'abord dans la déshérence historiographique dans laquelle furent abandonnés voleurs et brigands. Malgré la richesse des sources et le caractère profondément révélateur d'une infraction ancrée dans le quotidien, les représentations stéréotypées de ces figures criminelles ont durablement nui à toute approche rigoureuse. À l'inverse, elles ont fourni une matière abondante aux nombreux recueils d'anecdotes édifiantes et cruelles. Ainsi s'est construite l'image d'un Moyen Âge noir, peuplé de voleurs de grands chemins et de bandes de larrons essorillés. L'image est ancienne, instrumentalisée au moins depuis saint Augustin, qui montre les royaumes en perdition comme autant de repaires de brigands. Il convenait de faire la part d'un imaginaire criminel foisonnant et d'une matérialité factuelle sans doute plus prosaïque. Au-delà des clichés et des peurs qu'ils véhiculent, à quelle réalité sociale pouvait-on rattacher les auteurs de ces crimes ? Quelles que soient les raisons de leur disgrâce, l'enjeu était aussi de redonner chair à ces criminels fantasmes. Le vol méritait donc une page d'histoire. Sous ses allures banales et attendues, il constitue dans le champ de la criminalité une transgression singulière et emblématique.

    Revue de presse

    Sa lecture savante suggère plusieurs pistes sur la persistance et la métamorphose d'une criminalité toujours présente dans les sociétés occidentales. Les lendemains de guerre, notamment lorsqu'elle dure cent ans, sont parmi les plus criminogènes. Que faire d'autre quand on s'est battu toute sa vie ? Au-delà de ce constat, le livre de Valérie Toureille apporte une vision renouvelée de la criminalité médiévale.

    Jacques de Saint Victor - Le Figaro du 21 décembre 2006

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