LE MONDE COMME VOLONTE ET COMME REPRES.
- Auteur(s) : Arthur Schopenhauer
- Éditeur : PUF
- Genre : ESSAI
- Présentation : Broché
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Caractéristiques du livre LE MONDE COMME VOLONTE ET COMME REPRES.
- Auteur : Arthur Schopenhauer
- Date de parution : 08/09/2004
- ISBN : 9782130545460
- Editeur : PUF
- Dimensions : 12X19 cm
- Poids : 1022 g
- EAN : 9782130545460
Revue de presse
Souvent boudé par les philosophes de métier, au prétexte qu'il serait superficiel et peu rigoureux, Schopenhauer se distingue de la plupart des autres penseurs allemands de son époque par un style clair et agréable et un refus de tout jargon. Et ces qualités littéraires ne sont sans doute pas étrangères à l'engouement qu'a connu son oeuvre, dans toute l'Europe, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ainsi qu'à l'influence qu'elle a exercée sur de nombreux écrivains, tels que Maupassant, Zola, Strindberg, Thomas Hardy, Pirandello, Henry James ou Thomas Mann. Mais ce succès, dont Schopenhauer n'a été le témoin que dans les toutes dernières années de sa vie, a toutefois été assez tardif et a pu donner l'impression que Schopenhauer était un auteur de la fin du siècle, alors qu'il est en réalité un contemporain, atypique, des romantiques allemands... Toute la philosophie de Schopenhauer est dans le titre de son livre, Le monde comme volonté et comme représentation. Dire que le monde est représentation signifie qu'il n'est rien d'autre que l'ensemble des choses que je connais, que je vois et que je touche, puisqu'il m'est impossible de sauter hors de cette représentation, de sortir de moi-même, pour connaître les choses telles qu'elles sont ou seraient en elles-mêmes, indépendamment de moi qui les connais. «Aucune vérité n'est donc plus certaine, plus absolue, plus évidente que celle-ci : tout ce qui existe, existe pour la pensée, c'est-à-dire, l'univers entier n'est objet qu'à l'égard d'un sujet, perception que par rapport à un esprit percevant, en un mot, il est pure représentation.» Le monde que nous connaissons est donc notre monde, il n'existe qu'en nous et pour nous. Schopenhauer estime être ainsi le seul héritier légitime de Kant, qu'il admire et dont la découverte décisive est, à ses yeux, l'idée selon laquelle l'espace et le temps n'existent pas hors de nous, mais ne sont que les formes, inhérentes à l'esprit humain, dans lesquelles les choses nous sont données, avec pour conséquence que nous ne pouvons pas connaître la «chose en soi» - la réalité elle-même, abstraction faite de la forme que nous lui imprimons - mais seulement des phénomènes, c'est-à-dire les choses telles qu'elles nous apparaissent, dans l'espace et dans le temps... Or si nous n'avions aucun autre moyen de connaître le monde qui nous entoure, «si nous n'étions que des êtres capables de représentation, le chemin de la chose en soi nous serait barré», et toute tentative pour connaître l'essence intime de la réalité serait vaine. Mais l'erreur des philosophes a précisément été jusque-là de partir de la représentation. Et, à procéder ainsi, «on aura beau chercher, on n'arrivera qu'à des fantômes ou à des formules ; on sera semblable à quelqu'un qui ferait le tour d'un château pour en trouver l'entrée, et qui, ne la trouvant pas, dessinerait la façade». Aussi Schopenhauer - qui tient là son intuition fondamentale - nous invite-t-il à emprunter un autre chemin : «Si nous ne pouvons pas pénétrer du dehors jusqu'à l'être propre et intime des choses, une route, partant du dedans, nous reste ouverte : ce sera en quelque sorte une voie souterraine, une communication secrète qui, par une espèce de trahison, nous introduira tout d'un coup dans la forteresse, contre laquelle étaient venues échouer toutes les attaques dirigées du dehors.» Mais quel est donc ce souterrain censé nous introduire dans la forteresse ? C'est l'expérience que nous faisons de nous-mêmes, en tant que nous ne sommes pas un pur sujet connaissant...
Jean Blain - Lire, d’octobre 2005
