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JOSEPH II D'AUTRICHE - Serviteur D'etat

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    Commentaire sur le livre JOSEPH II D'AUTRICHE

    La biographie d'un « despote éclairé » méconnu, modernisateur de l'Empire austro-hongrois.

    Caractéristiques du livre JOSEPH II D'AUTRICHE

    • Auteur : Jean Berenger
    • Date de parution : 21/11/2007
    • ISBN : 9782213634586
    • Editeur : Fayard
    • Collection : BIOGRAPHIES HISTORIQUES
    • Nombre de pages : 626
    • EAN : 9782213634586

    Premières lignes du livre JOSEPH II D'AUTRICHE

    Extrait de l'introduction : Fils de l'impératrice Marie-Thérèse et de l'empereur François Ier, l'em­pereur Joseph II (1741-1790) fut, de même que Catherine II de Russie et Frédéric II de Prusse, un représentant éminent du «despotisme éclairé» et il demeure l'un des Habsbourg les plus attachants, mais aussi l'un des plus controversés. Physiquement il était séduisant, à la différence de nombreux membres de l'illustre maison, et de bonne taille (5 pieds 6 pouces, soit 1,82 m, la moyenne de son temps). Il était maigre, ce qui effrayait sa mère lorsqu'il rentrait de voyage. S'il n'était pas particulièrement beau, il avait belle allure et il n'était pas affligé du prognathisme qui caractérisait ses ancêtres. Tout le monde remarquait la simplicité de son vêtement, un uniforme sans décoration. Doté de vastes connaissances, structurées par un véritable esprit de système, il fut dans sa jeunesse un admirateur de Frédéric le Grand. Il croyait en la toute-puissance de la Raison et il voulait faire le bonheur de ses peuples - au besoin contre leur gré - puisqu'il détenait, lui qui était un esprit éclairé, la vérité. Le contraste est néanmoins frappant entre les réussites de Marie-Thérèse et les échecs répétés de Joseph II, mais aussi entre les principes de la mère et ceux de l'héritier. Dès 1765, il succéda à son père François Ier comme chef du Saint-Empire et il prit pour devise «Virtute & exemplo» (Par la force morale et par l'exemple). Il inaugura son règne par une période de quinze années de corégence avec sa mère, durant laquelle il fut en charge de l'armée et de la diplomatie. C'est lui qui imposa l'annexion de la Galicie à Marie-Thérèse ; il rêvait d'annexer la Bavière, mais, se heurtant à la coalition d'intérêts menée par la Prusse, il échoua lamentablement (guerre de Succession de Bavière, dite «guerre des Patates», en 1778). Impatient de succéder à sa mère, il avait préparé une série de réformes, dont il ne resta pas grand-chose si ce n'est l'édit de tolérance de 1781, qui donnait dans l'ensemble de la Monarchie un statut légal aux protestants et aux juifs et qui mettait fin à un siècle et demi de Contre-Réforme militante. La même année, il abolit les servitudes personnelles dont étaient frappés les paysans de Bohême, mais il ne parvint pas à imposer le rachat de la corvée. Il imposa le programme du catholicisme réformateur, supprima fêtes chômées, processions et pèlerinages, ce qui heurta la sensibilité de ses sujets, accoutumés, depuis plus d'un siècle, à la piété baroque. Il soumit le clergé à un étroit contrôle de l'État et il imposa la formation des prêtres dans des séminaires généraux, tout en évitant la rupture avec le pape Pie VI. Enfin, il sécularisa de nombreux couvents. Il refusa de se faire couronner roi de Bohême ou de Hongrie. En imposant l'allemand comme langue administrative commune, il provoqua la révolte de la noblesse hongroise, qui défendit l'usage du latin avec autant d'énergie que ses privilèges fiscaux ou l'autonomie administrative du royaume. Les Belges se soulevèrent quand on voulut leur imposer les séminaires généraux et la centralisation administrative. À partir de 1789, le mécontentement était d'autant plus vif que les Impériaux avaient échoué dans la guerre austro-turque et que l'armée ottomane avait ravagé le Banat de Temesvar. A vrai dire, Joseph II n'avait pour le soutenir qu'une élite restreinte qui regroupait une partie de la noblesse, des intellectuels, une bourgeoisie urbaine encore peu développée, de rares prélats éclairés et quelques mil­liers de francs-maçons. Or ses réformes, souvent contraires à la culture politique et religieuse de ses sujets, se heurtèrent à trop d'intérêts et firent apparaître la faiblesse relative de l'État. Malgré la fascination qu'il a exercée sur ses contemporains et sur la postérité, en particulier la bourgeoisie autrichienne du XIXe siècle, les biographies qui lui ont été consacrées ne sont pas très nombreuses. Cela s'explique en particulier par le fait qu'il «est néanmoins toujours difficile de pénétrer les origines et les motifs des actions de Joseph II».

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