J'AI TANT REVE DE TOI
- Auteur(s) : Olivier et Patrick Poivre-d'Arvor
- Éditeur : Albin Michel
- Collection : LITTERATURE GENERALE
- Genre : LITTERATURE - DOCUMENTS
- Présentation : Broché
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Caractéristiques du livre J'AI TANT REVE DE TOI
- Auteur : Olivier et Patrick Poivre-d'Arvor
- Date de parution : 22/08/2007
- ISBN : 9782226179777
- Editeur : Albin Michel
- Collection : LITTERATURE GENERALE
- Nombre de pages : 270
- Dimensions : 13X20 cm
- EAN : 9782226179777
Premières lignes du livre J'AI TANT REVE DE TOI
Craignez de réveiller la furtive endormie ET si j'étais guérie. Mon reflet dans la glace, l'épaisseur du tatouage sur ma peau, cette petite épaisseur de chair autour des hanches, des fesses, du nombril, mes rondeurs revenues que je ne refuse plus : je crois bien que je revis. Vendredi 27 janvier 1995. Aujourd'hui. Demain, presque. Très tard, autour de minuit. Prague, République tchèque. La ville des passages s'engage déjà dans le jour qui suit. Va-t-il neiger, enfin ? J'ai dîné dans ma chambre. Room-service. J'ai commandé, mot magique. A volonté, rare occasion. On m'a obéi, servie, chérie. Je me suis fait plaisir, plaisir, mot tabou. Je prends ça, je prends ci, et ceci et cela. À la carte : poissons fumés, saumon, hareng et truite, avec de gros cornichons molossols, un petit pot de crème acide, un verre de riesling slovaque, une belle assiette de knedeliks aux prunes de Brno. Dîner de rêve. Hôtel Yalta : luxe à l'ancienne, charme slave, quelques restes soviétiques tout de même. Chambre 615. J'attends à peine, on frappe, un homme tout habillé de sombre, papillon à la gorge, queue-de-pie dans le dos, pingouin mécanique, me sert. Enfin ! Fini la sonde, les tuyaux dans le nez, les doigts dans la bouche, le cauchemar naso-gastrique. Je mange à ma faim, désormais. À pleines dents, je croque la vie comme cette pomme juteuse. Je suis une fille stabilisée. Mon existence durant, je m'en souviendrai. De ce voyage en moi-même, au ras de l'os. De cette guérison à coups de serpe. Et de Prague qui, tout le jour, n'a su émerger de ses brumes, ni le ciel se délester de sa neige. Dans dix-huit minutes exactement, la journée s'achève. À l'horloge aux aiguilles inversées, sur la grand-place de la Vieille Ville, le compte est presque bon. Havel, saint Václav, moine philosophe et laïque, a libéré le pays de sa torpeur. Prague renaît. Mon amoureux est rentré chez nous, à Paris. À l'ambassade de France, palais Buquoy, on a jeté les petits-fours et le Champagne est retourné au frais. Bohême mélancolique. Minuit moins dix-sept. L'heure des chats qui rôdent. Pipo, Juan et Bouffi cherchent en vain leur maître par les rues glaciales. Le vent est vif À l'esplanade des martyrs de la Montagne Blanche, j'ai préféré la chaleur d'une chambre d'hôtel aux murs tapissés d'une moquette brune, laide, pelucheuse. Froid de neige qui s'annonce sur Prague assoupie. Du plus bas de la table de nuit en aggloméré teinté, le gros réveil made in URSS fait également téléphone, enregistreur de messages et poste de radio à ondes courtes, moyennes et longues, en scandant chaque minute d'un petit clac métallique. Il y a peu encore, il abritait le micro directement relié aux services spécialisés. Minuit moins quinze. J'écris à la table, petite et raboteuse, de ma chambre de l'hôtel Yalta.
Revue de presse
Ceux qui n'avaient de la maison d'Arvor qu'une vision policée seront déchiquetés par la violence éruptive qui hante chaque ligne de ce livre crépusculaire. Larmes, sueur et sang... Aussi, comment ne pas saluer cette tentative magnifique et désespérée de ces deux frères convaincus que seuls l'art et, en l'occurrence, la littérature sont désormais leur unique porte de sortie pour conjurer une souffrance à nulle autre pareille : la perte d'un enfant.
Albert Sebag - Le Point du 13 septembre 2007
Le duo Olivier et Patrick Poivre d'Arvor fait planer l'ombre du poète dans ces pages où l'absence est omniprésente... L'étonnant est que les coauteurs dévoilent leur jardin le plus intime sans perdre leur pudeur. Si l'écriture ne guérit de rien - encore moins de l'absence -, elle agit, au moins, comme un apaisement. La narratrice rappelle que lorsque l'on posait à Desnos la question : «Pourquoi écrivez-vous ?», il répondait toujours : «Pour donner rendez-vous.» C'est cela, ce roman est un rendez-vous à la dédicataire, qui n'a jamais été aussi présente.
Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 4 octobre 2007

Commentaire sur le livre J'AI TANT REVE DE TOI
Janvier 1995. Youri, 26 ans, est à Prague pour y rencontrer le Prix Nobel et poète tchèque Milan Kampa. Elle prépare une thèse sur Robert Desnos dont Kampa avait recueilli le dernier souffle à la sortie du camp de Terezin, en mai 1945. En réalité, ce n'est pas le poète qu'elle vient rencontrer, mais son père supposé. Sa mère journaliste, avant de mourir, lui a avoué avoir eu une histoire d'amour avec lui quand elle était venue enquêter en 1968 sur l'insurrection étudiante. Youri, à l'enfance dévastée par le manque paternel, va découvrir, en lieu du père, un Casanova vieillissant, doublé d'un imposteur. Des mêmes auteurs : Disparaître ; Frères et soeur.