LA CONSOLANTE

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Commentaire sur le livre LA CONSOLANTE

Il se pourrait bien que La consolante, le nouveau roman d'Anna Gavalda, dépasse le triomphe planétaire du précédent, Ensemble, c'est tout. La preuve : alors que Le Dilettante, son éditeur depuis ses débuts, en 1999 avec Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, avait prévu un premier tirage de 99 999 exemplaires, il a déjà dû, sous la pression des "notés" des représentants d'Union Diffusion (groupe Flammarion), réimprimer deux fois 100 000 exemplaires. Soit un premier tirage d'environ 300 000 exemplaires. Il faut dire qu'Ensemble c'est tout, paru en mars 2004, s'est vendu à 685 000 exemplaires en grand format, auxquels s'ajoutent 1,2 million en poche chez "j'ai lu", plus 165 000 exemplaires en clubs. Et le phénomène n'est pas que franco-français : le livre a été traduit dans trente-huit langues. Et l'auteure, malgré sa peur de l'avion et son peu de goût pour la médiatisation (euphémisme : Anna Gavalda a refusé toutes les demandes d'interviews sur La consolante) s'est déjà rendue et se rendra encore à la rencontre de ses lecteurs, à l'étranger et en France. Elle dédicacera au Salon du livre de Paris, émeute garantie, et se prêtera à une campagne de signatures à travers tout le pays jusqu'en juin, dans des librairies, petites ou grandes, qui l'ont soutenue fidèlement depuis dix ans. Car Anna Gavalda, "sans doute l'auteur français le plus lu actuellement dans le monde", dit-on au Dilettante, aime laisser du temps au temps. Quatre ans depuis Ensemble, c'est tout, son premier "best-long-seller". Il fallait bien cela pour boucler une Consolante encore plus volumineuse et ambitieuse. Une véritable comédie humaine, grave et tendre à la fois, plus "dure" qu'Ensemble, c'est tout, même si globalement positive, et qui s'achève sur un happy end annoncé. Le personnage central, c'est Charles Balanda, un ingénieur-architecte de quarante-sept ans, attachant parce que fragile, sensible, et doté d'une mémoire infaillible. N'en déplaise à Anna Gavalda dans son prière d'insérer, il est en pleine "midlife crisis". Il travaille comme un fou. Il gagne pas mal d'argent. Mais avec sa compagne, Laurence, ce n'est plus ça. Heureusement, il y a Mathilde, la fille d'un autre, une ado qu'il aime très fort, et avec qui il a une véritable complicité. Ce précaire équilibre vole en éclats, le jour où un petit mot laconique lui apprend la mort d'Anouk Le Men, une infirmière urgentiste qui fut la voisine des parents de Charles, mais surtout une mère de substitution, et son premier amour. Quant à Alexis, le fils d'Anouk, trompettiste de jazz junkie recyclé en commercial de province, c'était plus que son frère. Même s'ils sont fâchés, c'est lui qui l'a informé. Après la mort de Nounou, un vieux travelo, ancien artiste de music-hall retrouvé assassiné, c'en est trop. Charles part à la dérive, picole, fait n'importe quoi, arrive à ne plus pouvoir travailler, et sa relation avec Laurence part en lambeaux. Il décide de prendre le taureau par les cornes, d'aller voir Alexis, de s'expliquer avec lui sur le suicide d'Anouk. Mais là-bas, dans le Sud, la merveilleuse Kate et sa tribu de marmots l'attendent. Tout est encore possible et il ne le sait pas... En dépit de longueurs voulues, de digressions, d'un parti pris stylistique parfois agaçant (surabondance de dialogues et avalanches de verbes au passé simple sans pronom personnel sujet), La consolante fonctionne parfaitement. Le lecteur, même réticent, ne peut qu'être conquis par le satané talent d'Anna Gavalda, sa force de conviction, l'authentique empathie qui émane de son livre. Tout cela a un petit côté Amélie Poulain, succès français et planétaire comparable. Anna Gavalda est unique, et le monde nous l'envie. La consolante ferait un formidable film d'Etienne Chatiliez. Par exemple : Le bonheur est dans l'après. 

Caractéristiques du livre LA CONSOLANTE

  • Auteur : Anna Gavalda
  • Date de parution : 03/2008
  • ISBN : 9782842631529
  • Editeur : Le Dilettante
  • Nombre de pages : 640
  • Dimensions : 14X21 cm
  • Poids : 675 g
  • EAN : 9782842631529
 

Avis des internautes (27) sur le livre LA CONSOLANTE

Revue de presse

Avec La Consolante, un peu plus noir peut-être, mais tout aussi réconfortant, rien ne devrait changer. L'amour qui se délite, l'amitié qui prend des coups, les familles qui se recomposent, les relations frère-soeur indéfectibles, les brisés au grand coeur... Tout y est... Efficace, La Consolante a un joli titre, hommage à la partie de pétanque qui compte pour du beurre, trouvé dans l'urgence, comme le dessin de la couverture, tracé par l'auteur elle-même, et se lit avec plaisir. Il peut même vous aider à trouver des amis (tentez sa lecture dans le métro ou dans le train), vous faire oublier vos propres peines et susciter les railleries des critiques.

Marianne Payot - L'Express du 6 mars 2008

«La consolante», c'est ce tournoi de pétanque qui est proposé à ceux qui sont éliminés prématurément de la joute officielle. La parabole de Gavalda est évidente : même gagnée par le désespoir, l'existence d'un être humain ne se résume pas à une pièce en un acte. Beaucoup des 2 millions de Français qui liront «La consolante» fermeront ce livre en prononçant ce simple mot : «Magnifique...» Nous en faisons partie.

Albert Sebag - Le Point du 6 mars 2008

S'il y a un homme, Charles, au centre du quatrième roman d'Anna Gavalda, ce sont les femmes, radieuses et blessées, qui en dessinent le coeur. Triomphe assuré... C'est exactement ce que l'on éprouve avec «la Consolante», le quatrième et très attendu roman d'Anna Gavalda.Il n'y a guère d'enjeu, on y raccommode avec du gros fil les familles éclatées et les amitiés distendues, il n'y a ni gagnants ni perdants, et ça se lit pour le plaisir. Car il faudrait être de mauvaise foi ou de mauvaise humeur pour en disconvenir : Anna Gavalda sait y faire. C'est un écrivain de charme, comme on dit une musique de charme. Elle saisit la vie dans le mouvement. Elle est au plus près, au plus juste, des émotions simples. Elle n'hésite pas à dire d'un oreiller qu'il est «ventru, hautain», d'une robe qu'elle est «en alexandrins», et d'un chandail qu'il «sent le chagrin». Elle décrit comme personne les fêtes d'école, les murs des enfants qui grandissent, les repas de famille, les bibelots qui ornent les tombes des cimetières de banlieue, les pierres et les toits des maisons françaises, les vieilles selleries et les villes nouvelles. C'est la fille naturelle de Françoise Sagan et de Claude Sautet. Ajoutez en effet «les Choses de la vie» à «Bonheur, impair et passe» et «César et Rosalie» à «Des bleus à l'âme», et vous obtenez «la Consolante», roman choral où se cicatrisent, avec le temps, une multitude de blessures intérieures.

Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 mars 2008

Si vous avez envie d'écrire de gros romans qui brassent à pleines mains et font lever la pâte d'une époque appelée aujourd'hui, vous avez du souci à vous faire. Parce qu'il y a Anna Gavalda... C'est drôle, c'est triste, ça foisonne. Il y a des morceaux impayables... Mais on ne saurait réduire La Consolante aux sentiments et aux personnages. Ce qui prime à mes yeux, c'est le déferlement perpétuel de la vie d'aujourd'hui. Gavalda est forte en vie comme on est fort en bricolage, ça ne se discute pas, c'est donné. Après, bien sûr, il y a du boulot, mais là c'est l'ancien entraîneur d'athlétisme qui parle, on progresse davantage en augmentant ses qualités qu'en réduisant ses défauts. t puis je suis très content de partager avec elle Henri Calet, Pierre Déom, créateur de La Hulotte, Suzanne de Léonard Cohen, et même Neil Hannon.

Philippe Delerm - Le Figaro du 13 mars 2008

Après les 2 millions d'exemplaires toutes éditions confondues de Ensemble, c'est tout, voici donc La Consolante, 638 pages de gavaldisme au carré. Même si la petite musique puise à la même source, on est loin du sage recueil de nouvelles qui avait révélé, en 1999, une inconnue de 28 ans (Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Le Dilettante). Forte de sa notoriété, Anna Gavalda peut aujourd'hui tout se permettre. Dans ce cinquième livre, elle se lâche et nous en fait voir de toutes les couleurs : comme pour répondre à ceux qui ironisaient sur ses bons sentiments, elle plonge dans le gris, le noir et le rouge sang, mais grappille tout aussi allègrement dans le reste de l'arc-en-ciel. La Consolante est un livre touffu, tout fou, plein de trouvailles et de digressions, dans lequel les personnages, en attente d'un happy-end, consomment beaucoup d'alcool pour noyer leur chagrin et se font tout le mal qu'il faut pour ne pas être bien.

Robert Solé - Le Monde du 21 mars 2008

 

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