Le Jour Au Albert Einstein S'EST Echappe
Auteur : Joseph Bialot- Vendu par Alapage
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Description Le Jour Au Albert Einstein S'EST Echappe
Auteur(s) : Joseph Bialot
Genre : Roman Contemporain
« C'est décidé...
je pars...
Pas demain, maintenant.
Sans bagages...
Je vais retrouver Paula.
La seule femme à m'avoir entraîné "au-delà ! ".
» Sébastien Lesquettes, dit Einstein, s'échappe de la maison de retraite, où, pour avoir la paix, l'ont rangé ses enfants.
C'est un survivant de Dunkerque, évadé d'un oflag et résistant, citoyen modèle en fin d'une partie qu'il décide de jouer autrement.
Sans argent, il prend un taxi pour aller jusqu'à sa banque, Laurent le chauffeur se laisse convaincre par le bagout de Sébastien, lui fait partager son Paris venu d'Afrique ou des Antilles, puis l'accompagne dans sa recherche de Paula.
Tout au long de la route, Sébastien lui raconte un passé français qu'il ignore à travers une vision ironique et cruelle de notre histoire ponctuée d'épisodes poignants et tragiques.
Sébastien et Paula se retrouveront au bord de l'océan pour décider ensemble de la fin de la partie.
Premières lignes : Je veux m'en aller...
Je ne dors plus.
Immobile, je garde les yeux clos avec, dans ma tête, toujours ces mêmes mots pour inaugurer ma journée.
La première phrase d'un livre, l'incipit de mon existence quotidienne toujours recommencée.
Je veux m'en aller...
Couché en chien de fusil dans un lit étroit, j'ouvre un oeil. La lumière me fait replonger dans mon rêve éveillé et, en écho, je reçois le grincement du sommier lorsque je pivote sur le côté.
C'est reparti pour un jour avec, en perspective, des heures molles passées à traîner avec moi la tonne de mélancolie qui me taraude.
Est-ce le ciel d'automne, qui bétonne de gris sale la ville tout entière, ou mon blues permanent qui m'a poussé à franchir le Rubicon ? Je ne le saurai jamais, mais cette fois il n'y aura plus de "Demain, je pars ! ", non, plus de solution dilatoire, c'est aujourd'hui ou jamais.
Je m'en vais !
Octobre s'achève.
La Toussaint est là, maintenant; la fête des Défunts dans le catholicisme dont je suis imprégné depuis mon enfance.
Chez moi, on pratiquait comme d'autres font du vélo.
La bicyclette, la natation, l'adhésion au Parti et l'amour ont ça de commun avec la religion...
Une fois maîtrisé ça ne s'oublie jamais ! On prie sans croire, on pédale sans grâce, on nage sans force, on adhère sans passion, on baise sans plaisir...
Des automates, voilà ce que nous sommes.
La Toussaint...
Pour le vieil homme que je suis devenu, c'est tous les jours la fiesta des disparus ! Quitter...
se quitter...
s'écrit toujours en partie double, comme toute comptabilité banale, le doit et l'avoir.
Je dois disparaître, j'ai vécu.
Je ne suis plus qu'une ombre pour mon entourage.
Même mes mômes n'ont plus d'existence concrète.
Ils m'ont déposé au service des objets trouvés et des humains perdus.
Ma rue des Morillons s'appelle Maison de retraite.
Au bout d'un an et un jour j'appartiendrai, selon la loi, à celui qui m'aura déniché.
Un an et un jour...
Ça fait trois ans que je pourris sur pied, je ne suis même pas sûr de trouver preneur.
Il fait chaud.
Des pieds joints, j'envoie valser les couvertures.
Elles forment maintenant une bosse beige sur le parquet brun, une tente targuie posée dans un erg grège découvert dans le Sahara, lors d'une balade amoureuse avec Paula, à un million d'années-lumière, lorsque j'étais encore capable d'aimer.
Le désert...
une zone sans humains, sans souffrances.
Une zone de vie.
Un amer, pour rappeler aux amants qu'ils restent les seuls vivants dans l'immensité du vide étalé jusqu'à l'horizon.
Ceux qui écrivent - les poètes -, ceux qui délirent - les fous -imaginent la même chose.
Paula...
un prénom...
l'enveloppe d'un continent de tendresse.
Paula...
La femme qui m'a appris à revivre.
J'aurais dû répondre à sa lettre.
Oui, j'aurais dû.
La lassitude l'a emporté ce jour-là.
C'était quand ? Hier ? Le mois dernier ? L'an passé ?
Il n'y a pas eu de retour à l'envoyeur ni l'habituelle annonce de l'absence : "N'habite plus à l'adresse indiquée.
" Seul le silence a été mon accusé de réception.
Genre : Roman Contemporain
« C'est décidé...
je pars...
Pas demain, maintenant.
Sans bagages...
Je vais retrouver Paula.
La seule femme à m'avoir entraîné "au-delà ! ".
» Sébastien Lesquettes, dit Einstein, s'échappe de la maison de retraite, où, pour avoir la paix, l'ont rangé ses enfants.
C'est un survivant de Dunkerque, évadé d'un oflag et résistant, citoyen modèle en fin d'une partie qu'il décide de jouer autrement.
Sans argent, il prend un taxi pour aller jusqu'à sa banque, Laurent le chauffeur se laisse convaincre par le bagout de Sébastien, lui fait partager son Paris venu d'Afrique ou des Antilles, puis l'accompagne dans sa recherche de Paula.
Tout au long de la route, Sébastien lui raconte un passé français qu'il ignore à travers une vision ironique et cruelle de notre histoire ponctuée d'épisodes poignants et tragiques.
Sébastien et Paula se retrouveront au bord de l'océan pour décider ensemble de la fin de la partie.
Premières lignes : Je veux m'en aller...
Je ne dors plus.
Immobile, je garde les yeux clos avec, dans ma tête, toujours ces mêmes mots pour inaugurer ma journée.
La première phrase d'un livre, l'incipit de mon existence quotidienne toujours recommencée.
Je veux m'en aller...
Couché en chien de fusil dans un lit étroit, j'ouvre un oeil. La lumière me fait replonger dans mon rêve éveillé et, en écho, je reçois le grincement du sommier lorsque je pivote sur le côté.
C'est reparti pour un jour avec, en perspective, des heures molles passées à traîner avec moi la tonne de mélancolie qui me taraude.
Est-ce le ciel d'automne, qui bétonne de gris sale la ville tout entière, ou mon blues permanent qui m'a poussé à franchir le Rubicon ? Je ne le saurai jamais, mais cette fois il n'y aura plus de "Demain, je pars ! ", non, plus de solution dilatoire, c'est aujourd'hui ou jamais.
Je m'en vais !
Octobre s'achève.
La Toussaint est là, maintenant; la fête des Défunts dans le catholicisme dont je suis imprégné depuis mon enfance.
Chez moi, on pratiquait comme d'autres font du vélo.
La bicyclette, la natation, l'adhésion au Parti et l'amour ont ça de commun avec la religion...
Une fois maîtrisé ça ne s'oublie jamais ! On prie sans croire, on pédale sans grâce, on nage sans force, on adhère sans passion, on baise sans plaisir...
Des automates, voilà ce que nous sommes.
La Toussaint...
Pour le vieil homme que je suis devenu, c'est tous les jours la fiesta des disparus ! Quitter...
se quitter...
s'écrit toujours en partie double, comme toute comptabilité banale, le doit et l'avoir.
Je dois disparaître, j'ai vécu.
Je ne suis plus qu'une ombre pour mon entourage.
Même mes mômes n'ont plus d'existence concrète.
Ils m'ont déposé au service des objets trouvés et des humains perdus.
Ma rue des Morillons s'appelle Maison de retraite.
Au bout d'un an et un jour j'appartiendrai, selon la loi, à celui qui m'aura déniché.
Un an et un jour...
Ça fait trois ans que je pourris sur pied, je ne suis même pas sûr de trouver preneur.
Il fait chaud.
Des pieds joints, j'envoie valser les couvertures.
Elles forment maintenant une bosse beige sur le parquet brun, une tente targuie posée dans un erg grège découvert dans le Sahara, lors d'une balade amoureuse avec Paula, à un million d'années-lumière, lorsque j'étais encore capable d'aimer.
Le désert...
une zone sans humains, sans souffrances.
Une zone de vie.
Un amer, pour rappeler aux amants qu'ils restent les seuls vivants dans l'immensité du vide étalé jusqu'à l'horizon.
Ceux qui écrivent - les poètes -, ceux qui délirent - les fous -imaginent la même chose.
Paula...
un prénom...
l'enveloppe d'un continent de tendresse.
Paula...
La femme qui m'a appris à revivre.
J'aurais dû répondre à sa lettre.
Oui, j'aurais dû.
La lassitude l'a emporté ce jour-là.
C'était quand ? Hier ? Le mois dernier ? L'an passé ?
Il n'y a pas eu de retour à l'envoyeur ni l'habituelle annonce de l'absence : "N'habite plus à l'adresse indiquée.
" Seul le silence a été mon accusé de réception.
Caractéristiques Le Jour Au Albert Einstein S'EST Echappe
- Poids : 186
- Largeur : 12
- Hauteur : 19
- ISBN : 9782864246350
- Format : Broché
- Auteur : Joseph Bialot
- Distributeur : Volumen Distribution
- Editeur : Anne-Marie Métailié
- Etat : Neuf
- Date de parution : 17/01/2008
- Langue : Français
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