Odeur Du Temps
Auteur : Jean d'Ormesson- Vendu par Alapage
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Description Odeur Du Temps
Auteur(s) : Jean d'Ormesson
Genre : Roman Contemporain
Un choix parmi plus d'un millier de textes publiés par Jean d'Ormesson de 1969 à aujourd'hui dans le Figaro et le Figaro Magazine.
Billets d'humeur, réflexions sur un monde en mutation, lectures éclairées, ces textes furent autant d'occasions de rendre hommage aux grands noms de la vie intellectuelle de la fin du Xxe siècle et du début du Xxie siècle.
Jean d'Ormesson y proclame son amour des belles lettres, de l'art et de la culture.
Il y fait état de ses voyages, réels ou imaginaires, aux côtés de figures aussi éclectiques que le peintre Raphaël, l'empereur Frédéric Ii ou le poète Charles Péguy.
Du même auteur : Et toi mon coeur pourquoi bats-tu ? La Douane de mer...
Premières lignes : Mon bourreau, mon amour
Non, le mégalomane, le paranoïaque, ce n'est pas moi.
C'est lui.
Moi, personne ne m'appelle jamais, personne ne m'écrit jamais.
Ou alors des dames de province avec des chapeaux verts ou des colonels à la retraite.
Moi, je cache mes téléphones de Saint-Chély-d'Apcher ou de Loguivy-Plougras et les lettres que je reçois, d'une écriture maladroite, sur du papier quadrillé, pour me confirmer que je suis idiot et la honte de la famille.
Lui, c'est Sartre à tout bout de champ.
C'est Nadeau deux fois par semaine.
Dans les jours les plus sans, dans les heures les plus pâles, c'est Fontaine ou Fauvet, il ne sait plus, il les confond, il plane très loin au dessus-d'eux.
Mais il se souvient avec précision de tous les torrents de miel qui sortaient de leur bouche : «Ah ! comme c'est bien Frank, ce que vous avez écrit sur Drieu ! Je ne croyais pas que vous seriez capable d'écrire quelque chose d'aussi bon.
Pourquoi ne nous donneriez-vous pas un article comme ça, en plus long, pour Les Temps modernes ? (Ou pour le Cahier des saisons, ou pour Le Monde, ou pour L'Observateur, on le réclame de partout, rayez la mention inutile.
) Allez-y comme vous voulez sur le sujet que vous voulez.
» Éblouir ! Éblouir !
Le jeune Frank ne pense qu'à ça.
Et il y réussit.
Pas toujours pour longtemps.
C'est souvent : «Bonjour ! Bonsoir ! Adieu ! Et allez au diable ! » On dirait qu'on se fatigue de Bernard Frank plus qu'il ne se fatigue de lui-même.
«J'ignorais, lui confie Sartre avec une espèce d'admiration, que vous pouviez écrire quoi que ce soit sur quelqu'un d'autre que vous-même.
» Mais enfin, à mi-chemin entre le coup de tonnerre de la révélation sur le mont Sinaï ou sur le mont Nebo et la lassitude, le dégoût, l'extinction de voix, Bernard Frank, qui vient de réunir en volume ses articles des années cinquante, y aura tenu beaucoup de place.
Une place qui me paraît énorme puisqu'elle fait plus de bruit que la mienne.
Genre : Roman Contemporain
Un choix parmi plus d'un millier de textes publiés par Jean d'Ormesson de 1969 à aujourd'hui dans le Figaro et le Figaro Magazine.
Billets d'humeur, réflexions sur un monde en mutation, lectures éclairées, ces textes furent autant d'occasions de rendre hommage aux grands noms de la vie intellectuelle de la fin du Xxe siècle et du début du Xxie siècle.
Jean d'Ormesson y proclame son amour des belles lettres, de l'art et de la culture.
Il y fait état de ses voyages, réels ou imaginaires, aux côtés de figures aussi éclectiques que le peintre Raphaël, l'empereur Frédéric Ii ou le poète Charles Péguy.
Du même auteur : Et toi mon coeur pourquoi bats-tu ? La Douane de mer...
Premières lignes : Mon bourreau, mon amour
Non, le mégalomane, le paranoïaque, ce n'est pas moi.
C'est lui.
Moi, personne ne m'appelle jamais, personne ne m'écrit jamais.
Ou alors des dames de province avec des chapeaux verts ou des colonels à la retraite.
Moi, je cache mes téléphones de Saint-Chély-d'Apcher ou de Loguivy-Plougras et les lettres que je reçois, d'une écriture maladroite, sur du papier quadrillé, pour me confirmer que je suis idiot et la honte de la famille.
Lui, c'est Sartre à tout bout de champ.
C'est Nadeau deux fois par semaine.
Dans les jours les plus sans, dans les heures les plus pâles, c'est Fontaine ou Fauvet, il ne sait plus, il les confond, il plane très loin au dessus-d'eux.
Mais il se souvient avec précision de tous les torrents de miel qui sortaient de leur bouche : «Ah ! comme c'est bien Frank, ce que vous avez écrit sur Drieu ! Je ne croyais pas que vous seriez capable d'écrire quelque chose d'aussi bon.
Pourquoi ne nous donneriez-vous pas un article comme ça, en plus long, pour Les Temps modernes ? (Ou pour le Cahier des saisons, ou pour Le Monde, ou pour L'Observateur, on le réclame de partout, rayez la mention inutile.
) Allez-y comme vous voulez sur le sujet que vous voulez.
» Éblouir ! Éblouir !
Le jeune Frank ne pense qu'à ça.
Et il y réussit.
Pas toujours pour longtemps.
C'est souvent : «Bonjour ! Bonsoir ! Adieu ! Et allez au diable ! » On dirait qu'on se fatigue de Bernard Frank plus qu'il ne se fatigue de lui-même.
«J'ignorais, lui confie Sartre avec une espèce d'admiration, que vous pouviez écrire quoi que ce soit sur quelqu'un d'autre que vous-même.
» Mais enfin, à mi-chemin entre le coup de tonnerre de la révélation sur le mont Sinaï ou sur le mont Nebo et la lassitude, le dégoût, l'extinction de voix, Bernard Frank, qui vient de réunir en volume ses articles des années cinquante, y aura tenu beaucoup de place.
Une place qui me paraît énorme puisqu'elle fait plus de bruit que la mienne.
Caractéristiques Odeur Du Temps
- Poids : 485
- Largeur : 14
- Hauteur : 21
- ISBN : 9782350870588
- Format : Broché
- Auteur : Jean d'Ormesson
- Distributeur : Interforum - Editis (EX Vups)
- Editeur : Héloïse d'Ormesson Editeur
- Etat : Neuf
- Date de parution : 10/05/2007
- Langue : Français
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